![]() | Vous aussi, créez votre blog | rejoignez-nous maintenant |

Un blog de




L'uranium qui emprisonne
Fin juillet, Golden Misabuko a été arrêté dans la torpeur de l'été et peu de médias français ont relayé l'information. Mais qui peut bien s'intéresser à ce président d'une ONG de défense des droits de l'Homme sévissant en République Démocratique du Congo? Golden Misabuko a été arrêté à Lubumbashi après la publication d'un rapport dénonçant l'exploitation illégale d'une mine d'uranium au Katanga, une province du sud-est du pays. Golden Misabiko préside l'Association africaine de défense des droits de l'Homme (Asadho) au Katanga. Dans un rapport récent, son ONG dénonçait "le rôle joué par certaines institutions étatiques" dans l'exploitation de la mine de Shinkolobwe. Depuis 2004 cette mine est interdite à l'exploitation (pour l'uranium mais pas pour le cobalt).
Pour ceux qui adorent farfouiller dans les poubelles nucléaires, les mines d'uranium et les bombes qui ont fait l'Histoire, Shinkolobwe fait tilt. C'est LA mine, celle où l'exploitation uranifère démarre. Une sorte de point G de la bombe. En effet, ici, dans les années 30, fut extrait l'uranium qui permit aux États-Unis de construire la bombe atomique lancée sur Hiroshima (celle lancée sur Nagasaki était à base du plutonium produit à Hanford (USA) à partir de l'uranium zaïrois). Edgar Sengier, alors directeur de l'union minière du Haut Katanga avait eu l'intuition que l'uranium allait devenir une ressource importance sur l'échiquier mondial. En 1939, il livre donc 1 200 tonnes de minerai à New York, mais ne les vend que quelques années plus tard, dans le cadre du projet Manhattan.
La mine est officiellement fermée, à la suite notamment d'un éboulement ayant causé la mort de 8 personnes, le 8 juillet 2004. A l'époque, une mission de l'ONU avait constaté "des risques importants liés à de possibles éboulements ainsi qu'à une potentielle exposition chronique à la radioactivité ionisante", selon le rapport de l'Adasho. Un auteur américain, Tom Zoellner, a commis un livre passionnant sur la mine, l'uranium, la vie (Uranium, la biographie, éditions du Seuil) qui se lit comme un polar.
Revenons en RDC. Le document de l'Asadho citait notamment les services "de renseignements militaires, le parquet militaire, la police des mines et des hydrocarbures" et certaines autorités locales. D'après l'Asadho, cette mine pourrait être à nouveau exploitée par le groupe nucléaire français Areva, dans le cadre d'un accord signé en mars par sa présidente, Anne Lauvergeon, avec le ministre congolais des Mines, portant sur la recherche et l'exploitation de futures mines d'uranium sur tout le territoire de l'ancien Zaïre.
Source : environnement.blogs.liberation.fr
uman rights watch (HRW) a estimé vendredi que le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) entravait ses propres efforts dans la lutte contre l'impunité en muselant des ONG et des médias, notamment Radio France Internationale (RFI).
Dans une lettre au Premier ministre Adolphe Muzito et transmise à l'AFP, HRW affirme que "dénoncer des organisations de défense des droits humains (...), museler des organes de presse tels que RFI et arrêter de façon arbitraire des militants des droits humains" entravent les efforts de Kinshasa dans sa lutte contre l'impunité. "Nous vous exhortons à faire intégralement appliquer les lois nationales et internationales qui garantissent la liberté d'expression, la liberté de la presse et la protection des défenseurs des droits humains", écrit l'ONG dont le siège est basé à New York. HRW fait allusion à l'interruption depuis une semaine des émissions de RFI, très suivie et écoutée en Afrique francophone. Lors d'une conférence de presse mardi, le porte-parole du gouvernement et ministre de la Communication, Lambert Mende, a accusé la radio de développer "une campagne systématique de démoralisation des forces armées de la RDC" en dépit de "plusieurs avertissements". L'ONG cite également la détention depuis le 23 juillet de Golden Misabiko, président de l'Association africaine de défense des droits de l'Homme (Asadho) au Katanga (sud-est), une ONG locale, après la publication d'un rapport dénonçant l'exploitation illégale d'une mine d'uranium, dans cette riche région de l'ex-Zaïre. Selon HRW, les progrès du gouvernement congolais en matière de lutte contre l'impunité "sont affaiblis par (ces) attaques publiques", qualifiant d'"injustes et fausses" les accusations de M. Mende selon lesquelles "ses rapports sont rédigés pour des motifs +politiques et financiers+". "Les élections seules ne suffisent pas à apporter la démocratie. Les acteurs congolais et internationaux doivent travailler ensemble à l'établissement d'un système judiciaire indépendant, d'un parlement dynamique et d'une presse libre", a estimé l'ONG. Les prochaines élections présidentielles, dont les préparatifs sont en cours, sont prévues en 2011. |
Source : www.lemonde.fr
LETTRE OUVERTE AU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO
DEMANDANT LA LIBERATION DE MONSIEUR GOLDEN MISABIKO
Kinshasa, Lubumbashi, le 03 aout 2009
Au Président de la République Démocratique du Congo (RDC)
Son Excellence Monsieur Joseph Kabila Kabange
Mont Ngaliema, Kinshasa.
Monsieur le Président,
Nous, organisations non gouvernementales (ONG) de promotion et défense des droits humains de toutes les provinces de la RDC, signataires de la présente lettre ouverte, sollicitons votre intervention auprès des instances politiques congolaises ; afin d’obtenir la libération de Monsieur Golden Misabiko, President de l’ONG Association africaine de défense des Droits humains, section du Katanga (ASADHO/Katanga). Subséquemment, nous vous demandons de faire cesser toute interférence du pouvoir exécutif dans l’administration de la justice dans le cas qui nous préoccupe et assurer pleine protection des défenseurs des droits humains tant nationaux qu’étrangers œuvrant dans notre pays.
M. Misabiko est détenu au cachot du parquet près le Tribunal de Grande Instance de Lubumbashi depuis le samedi 25 juillet 2009 après avoir passé un jour à l’Agence nationale de renseignement (ANR), sur instruction du ministre de l’intérieur du gouvernement provincial du Katanga, Monsieur Dikanga Kazadi. Il lui est reproché d’avoir autorisé son ONG de publier, en date du 13 juillet 2009, le rapport intitulé «Mine uranifère de Shinkolobwe1 : de l’exploitation illicite artisanale à l’accord entre la RD Congo et le groupe nucléaire français AREVA’’.
Le rapport de l’ASADHO/Katanga dénonce deux faits majeurs : (i) la continuation de l’exploitation artisanale des minerais de cuivre et de cobalt riche en matière radioactive. ASADHO/Katanga estime que cette exploitation pose des sérieux problèmes de santé publique a la population du sud-Katanga ; et (ii) le contrat signé par le gouvernement de la RDC avec le groupe français AREVA dont le contenu reste secret, au moment où la commission gouvernementale de revisitation des contrats miniers prône la transparence en publiant tous les contrats miniers, objets de la revisitation. L’inquiétude sur l’opacité de ce contrat est accentuée par la réputation de manque de considération pour les droits humains dont fait l’objet l’entreprise française au Gabon et au Niger.
Les faits remontent au 22 juillet 2009, quand le ministre de l’intérieur du gouvernement provincial, M. Dikanga Kazadi avait animé une conférence de presse démentant le contenu dudit rapport et sur son instruction, l’ANR avait arrêté et mis en détention M. Misabiko du 24 au 25 juillet, jour qu’elle l’avait transféré au parquet près le Tribunal de Grande Instance de Lubumbashi. Le 28 juillet, M. Lambert Mende Omalanga, ministre de l’information et porte-parole du gouvernement central met à charge de M. Misabiko, à travers la presse nationale, la déclaration selon laquelle la RDC vendrait de l’uranium à la Corée du Nord et à l’Iran, faits qui ne sont ni dans le rapport de l’ASADHO/Katanga ni nulle part ailleurs ; et il annonce à la même occasion que « M. Misabiko sera jugé pour diffamation du gouvernement ».
Excellence Monsieur le President, notre inquiétude est grandissante, car au cours de la même conférence de presse du 28 juillet, M. Mende liait le rapport de l’ASADHO/Katanga à ceux de trois autres ONG internationales partenaires (Global Witness, Fédération Internationale des Droits Humains et Human Rights Watch). Dans son adresse a la presse, M. Mende accusait de faire des « appels au lynchage du gouvernement de la RDC », et « vouloir montrer, contra factum, que l'Etat congolais est un «failed state » (Etat failli), afin de justifier le projet de balkanisation du pays ».
Les organisations de défense des droits humains, signataires de la présente lettre ouverte, considèrent que les déclarations du porte-parole du gouvernement de la RDC ne se basent pas sur les rapports incriminés. Elles se disent solidaires à la cause de l’ASADHO/Katanga et affirment leur engagement à promouvoir et protéger les droits humains avec tous les partenaires qu’ils soient privés ou des institutions publiques. C’est dans le cadre de ce partenariat que les ONG signataires recourent à votre autorité, afin que vous usiez des pouvoirs dont vous êtes revêtus constitutionnellement pour obtenir la libération de M. Golden Misabiko, et assurer sa protection ainsi que celle de tous les défenseurs des droits humains œuvrant en RDC.
Veuillez agréer, Excellence Monsieur le President, notre considération distinguée.
Signée en ordre alphabétique par :
République démocratique du Congo. Un éminent défenseur des droits humains arrêté en RDC. Golden Misabiko
AU 208/09, AFR 62/013/2009, RDC 30 juillet 2009
ACTION URGENTE
Un ÉMINENT DÉFENSEUR DES DROITS HUMAINS ARRÊTÉ EN RDC
Un défenseur des droits humains de premier plan est incarcéré pour des raisons d'opinion dans le sud-est de la République démocratique du Congo (RDC) depuis le 24 juillet. Son organisation a publié récemment un rapport évoquant la complicité de l'État dans l'exploitation illégale d'une mine d'uranium, et il doit répondre d'accusations motivées par des considérations politiques.
Golden Misabiko, président de l'Association africaine de défense des droits de l'homme dans la province du Katanga (ASADHO/Katanga), a été arrêté le 24 juillet par les services de renseignement à Lubumbashi, la capitale provinciale. Il est actuellement incarcéré dans les locaux du parquet, il dort dehors sur un carton parce que la cellule est surpeuplée et crasseuse.
Le 29 juillet, la Haute Cour de Lubumbashi a ordonné qu'il soit maintenu en détention pendant quinze jours aux fins de l'enquête et d'un éventuel procès pour « atteinte à la sûreté de l'État »et « diffamation ». Le tribunal a rejeté la requête de ses avocats demandant sa libération sous caution. Les autorités judiciaires du Katanga ont, semble-t-il, subi des pressions politiques les incitant à le maintenir en détention.
Les charges retenues contre Golden Misabiko sont liées à un rapport publié le 12 juillet par l'ASADHO/Katanga au sujet de la mine d'uranium de Shinkolobwe. Selon ce rapport, des responsables civils et militaires se sont rendus complices de l'exploitation illégale de la mine de Shinkolobwe après que le gouvernement a fermé celle-ci en janvier 2004 pour des raisons ayant trait à la sûreté de l'État et à la sécurité publique. Il indique également que les autorités de la RDC n'ont pas fait le nécessaire afin de sécuriser la mine. Par ailleurs, il critique le manque de transparence à propos d'un accord passé le 26 mars entre le gouvernement et l'entreprise française AREVA, spécialisée dans l'énergie nucléaire, qui accorde à celle-ci le droit de prospecter et d'extraire de l'uranium en RDC.
Le 28 juillet, des défenseurs des droits humains du Katanga ont organisé une manifestation pacifique devant le palais de justice de Lubumbashi afin de protester contre la détention de Golden Misabiko.
DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS (en français ou dans votre propre langue) :
demandez la libération immédiate et sans condition de Golden Misabiko car il s'agit d'un prisonnier d'opinion, détenu uniquement en raison de ses activités légitimes en faveur des droits humains ;
priez le gouvernement de prendre de toute urgence les mesures nécessaires pour améliorer ses conditions de détention.
ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 10 SEPTEMBRE 2009 À :
Président de la République :
Son Excellence Joseph Kabila
Président de la République
Palais de la Nation
Avenue de Lemera
Kinshasa-Gombe
République démocratique du Congo
Courriel : presipp@yahoo.fr
Formule d'appel : Son Excellence Monsieur le Président,
Ministre de la Justice :
Luzolo Bambi Lessa
Ministère de la Justice
228 Avenue de Lemera
BP 3137
Kinshasa-Gombe
République Démocratique du Congo
Formule d'appel : Monsieur le Ministre,
Gouverneur du Katanga :
Moïse Katumbi Chapwe
Merci de laisser un message
sur le site Internet officiel du gouverneur :
www.katanga.cd/misc/contact.php
Formule d'appel : Monsieur le Gouverneur,
Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques de la RDC dans votre pays. Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.
ACTION URGENTE
UN ÉMINENT DÉFENSEUR DES DROITS HUMAINS ARRÊTÉ EN RDC
La Haute Cour de Lubumbashi a ordonné le maintien en détention de Golden Misabiko le 29 juillet au motif que les charges retenues contre lui étaient, aux yeux du tribunal, « extrêmement graves ». Aucune explication supplémentaire n'a été donnée. Un représentant local des autorités judiciaires avait précédemment décrit l'affaire de Golden Misabiko comme « un dossier vide ». Lambert Mende, porte-parole officiel du gouvernement et ministre de la Communication et des Médias a estimé, quant à lui, que le rapport de l'ASADHO regorgeait d'« inepties criminelles ».
Le 21 juillet, juste avant l'arrestation de Golden Misabiko, une délégation du Conseil de sécurité provincial, composée de hauts responsables civils et militaires de la province, accompagnés de journalistes, s'est rendue à Shinkolobwe, prétendument pour enquêter sur les allégations contenues dans le rapport de l'ASADHO/Katanga. L'association a décliné l'invitation à prendre part à la visite, estimant qu'il ne s'agissait pas d'une enquête sérieuse et indépendante.
Le placement en détention de Golden Misabiko a coïncidé avec une attaque directe lancée le 28 juillet par Lambert Mende contre les organisations non gouvernementales (ONG) internationales spécialisées dans les droits humains et l'environnement, et avec une interruption des programmes de Radio France Internationale (RFI) en RDC le 26 juillet. Lambert Mende a accusé ces organisations de tenter d'ébranler le gouvernement.
Shinkolobwe, située à environ 150 kilomètres de la capitale provinciale, Lubumbashi, est la source de l'uranium utilisé dans les bombes atomiques larguées sur le Japon en 1945.
AU 208/09, AFR 62/013/2009, 30 juillet 2009
RD Congo : Lettre au premier ministre au sujet des attaques publiques contre les organisations de défense des droits humains
Son Excellence Adolphe Muzito
Premier Ministre
République démocratique du Congo
Votre Excellence,
Je vous écris aujourd'hui pour louer le gouvernement de la République démocratique du Congo quant à l'action positive entreprise récemment afin de traduire en justice les auteurs de violences sexuelles, mais aussi pour exprimer notre profonde préoccupation au sujet des récentes attaques portées contre les médias et des organisations de défense des droits humains, dont Human Rights Watch. Ces attaques compromettent les progrès réalisés par le gouvernement congolais en matière de respect pour les droits humains.
Human Rights Watch se félicite de la relation honnête et constructive que nous entretenons avec le gouvernement congolais. A l'instar de nombreuses organisations locales et internationales de défense des droits humains, votre gouvernement exprime depuis de nombreuses années sa préoccupation quant au recours largement répandu à la violence sexuelle à l'encontre des femmes et des filles tant par des groupes armés que par des soldats de l'armée congolaise. Comme vous le savez, Human Rights Watch a exprimé au début du mois de juillet sa préoccupation quant au peu de progrès réalisés en matière de poursuites judiciaires pour viol engagées contre des officiers supérieurs, malgré l'augmentation du nombre de procès pour viol intentés contre des soldats de grade inférieur.
Nous saluons donc la déclaration faite le 4 juillet par le gouvernement soulignant sa « tolérance zéro » pour les violations des droits humains, notamment le viol, commises par des soldats du gouvernement. Nous sommes également heureux de savoir que le gouvernement s'est engagé à traduire en justice les officiers supérieurs qui permettent que leurs troupes commettent pareilles exactions. Nous avons appris récemment que deux officiers à Rutshuru, au Nord Kivu, ont été reconnus coupables de viol par un tribunal militaire le 27 juillet. Nous espérons que d'autres enquêtes et procès d'officiers supérieurs impliqués dans des crimes graves suivront. Mettre fin à la culture d'impunité pour les atteintes aux droits humains, notamment les crimes de violence sexuelle, est essentiel à l'avancée de l'Etat de droit au Congo. Nous félicitons votre gouvernement pour les progrès qu'il réalise à cet égard.
Ces progrès, néanmoins, sont affaiblis par les attaques publiques contre les organisations de défense des droits humains et les médias, dont le rôle est de révéler ces violations. Lors d'une conférence de presse le 28 juillet à Kinshasa, le ministre de la Communication et des médias, Lambert Mende, a fait des déclarations sans fondement et non corroborées contre Human Rights Watch, d'autres organisations internationales de défense des droits humains et Radio France International. Le ministre a qualifié Human Rights Watch ainsi que d'autres organisations internationales de « terroristes humanitaires » qui « répètent des mensonges », visant à la « déstabilisation » du pays, à la « démoralisation » de l'armée gouvernementale et à la « balkanisation » du Congo. Le ministre Mende a soutenu que les rapports de Human Rights Watch portant sur les atteintes aux droits humains étaient rédigés pour des motifs « politiques et financiers ». Ces allégations sont à la fois injustes et fausses.
Human Rights Watch œuvre au Congo depuis plus de 15 ans pour joindre ses forces à celles du peuple congolais, afin de promouvoir la justice et le respect des droits humains. Pendant ce temps, nous avons régulièrement révélé les atteintes aux droits humains commises par tous les groupes dans le pays, qu'il s'agisse d'armées étrangères, de groupes rebelles, de milices locales ou de forces de sécurité gouvernementales. Notre but est de nous tenir aux côtés des victimes et des activistes congolais pour protéger les personnes contre des actions illégales en temps de guerre, pour soutenir les libertés fondamentales et pour traduire en justice les coupables.
Au-delà du Congo, Human Rights Watch fait partie des principales organisations indépendantes qui se consacrent à la défense et à la protection des droits humains. Nos enquêtes sont rigoureuses et objectives, et elles ont pour but de donner la parole aux personnes dont les droits ont été violés. Nous nous employons à faire en sorte que les coupables soient tenus pour responsables de leurs crimes. Depuis plus de 30 ans, nous œuvrons dans plus de 80 pays du monde, notamment dans des zones de troubles récents comme l'Afghanistan, la Birmanie, l'Irak, le Soudan, le Sri Lanka et bien d'autres, afin de révéler les violations des droits humains et d'encourager le changement.
La responsabilité de soutenir les droits humains incombe aux gouvernements. Nous mettons donc au défi les gouvernements, tels que le vôtre au Congo, de respecter le droit humanitaire et les droits humains internationaux, et de mettre fin aux exactions. Pour cela nous recourons à diverses tactiques, notamment les révélations publiques, le plaidoyer et la construction de partenariats avec d'autres qui poursuivent aussi le changement. Les gouvernements peuvent ne pas aimer voir les exactions révélées, mais critiquer sans fondement les activistes et les journalistes qui documentent ces exactions est la marque d'un gouvernement répressif, et non d'un gouvernement essayant d'établir un Etat qui respecte les droits humains.
Le ton de la conférence de presse donnée par le ministre de la Communication et des médias a contrasté de façon flagrante avec la discussion fructueuse de Human Rights Watch avec le Président Joseph Kabila le 2 juillet à Goma, et d'autres échanges récents avec des ministres du gouvernement. Dans ces dernières discussions, nous avons été frappés par l'engagement personnel de hauts fonctionnaires à apporter le changement et à mettre un terme à la culture d'impunité au Congo. Dénoncer des organisations de défense des droits humains qui documentent des exactions de façon indépendante, museler des organes de presse tels que Radio France Internationale, et arrêter de façon arbitraire des militants des droits humains comme Golden Misabiko de l'ASADHO au Katanga, tout cela indique que l'engagement personnel du Président Kabila envers la justice est entravé plutôt qu'adopté par le gouvernement. C'est fort regrettable.
Nous vous exhortons à faire intégralement appliquer les lois nationales et internationales qui garantissent la liberté d'expression, la liberté de la presse et la protection des défenseurs des droits humains. Les élections seules ne suffisent pas à apporter la démocratie. Les acteurs congolais et internationaux doivent travailler ensemble à l'établissement d'un système judiciaire indépendant, d'un parlement dynamique et d'une presse libre afin d'améliorer la situation des droits humains, de garantir que le gouvernement est redevable de ses actions, et de s'assurer que la société civile bénéficie d'un espace politique ouvert. Human Rights Watch est engagé à aider aussi bien le gouvernement que le peuple congolais à atteindre ces objectifs importants. Nous souhaitons vivement une relation productive avec vous dans ces efforts, et nous vous demandons de maintenir votre respect pour le travail des organisations de défense des droits humains, comme Human Rights Watch, et pour les idéaux des droits humains auxquels nous adhérons.
Nous vous prions d'agréer, Votre Excellence, l'expression de notre profond respect.
Anneke Van Woudenberg
Chercheuse senior
© Copyright, Human Rights Watch 350 Fifth Avenue, 34th Floor New York, NY 10118-3299 USA

